ALS-EPR Pieczynska-Reichenbach, Emma: Collection Emma Pieczynska-Reichenbach, 1873-1935 (Bestand)

Archive plan context


Identification

Call number:ALS-EPR
Title:Pieczynska-Reichenbach, Emma: Collection Emma Pieczynska-Reichenbach
Creation date(s):1873 - 1935
Note on the time period:Dates extrêmes des documents
Language:Französisch
Size (free text description):6 boîtes d'archives standard ; 1 boîte de format spécial
Size (in metres):1.00
Digital copy:
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Caption:Portrait d'Emma Pieczynska-Reichenbach vers 1900 (reproduction du portrait donné en frontispice de l'ouvrage Madame E. Pieczsynska. Ses lettres, Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, 1929).
Extrait du dossier d’enquête réalisé dans les années 1890, préparatoire à la rédaction de Coéducation des sexes. Ces notes illustrent qu’Emma Pieczynska-Reichenbach s’est intéressée aux écarts de salaires entre les femmes et les hommes dans l’enseignement primaire, selon les cantons suisses.
Tapuscrit « Aux enfants de nos cantons romands », rédigé en 1916, période durant laquelle Emma Pieczynska-Reichenbach s’engage dans la Commission d’éducation nationale. Ce texte vise à renforcer le sentiment patriotique et la conscience nationale des futurs citoyens et citoyennes suisses.

Context

History of the collection:Avant leur dépôt à la Bibliothèque nationale suisse, les documents d’Emma Pieczynska-Reichenbach appartenaient aux archives de l’Alliance de sociétés féminines suisses ainsi qu’à celles de la Commission d’éducation de l’Alliance. Ils ont été transmis à la Bibliothèque nationale suisse par Elisa Serment et Marguerite Evard en novembre 1940.
Biographical information:Emma Reichenbach naît en 1854 à Paris. Sa mère, Sylvie Reichenbach, née Ricou, une Genevoise d’origine française, décède la même année. Son père, Charles Reichenbach, un Bernois travaillant comme fondé de pouvoir à la Banque Vernes à Paris, décède alors qu’elle n’a que cinq ans. Orpheline, Emma est conduite à Genève à l’âge de sept ans, où elle est confiée à Mme Gétaz. Elle est ensuite placée dans des familles d’accueil à Aigle et Lausanne.
Emma Reichenbach, en quête d’autonomie et d’épanouissement intellectuel, s’installe à Paris. Elle y rencontre le Polonais Stanislas Pieczynski, qu’elle épouse en 1874 avant de l’accompagner en Pologne. Emma Pieczynska-Reichenbach ne parvient pas à tomber enceinte, et cette souffrance marque profondément sa vie. Pour combler ce vide, elle se consacre à l’éducation de jeunes filles, leur enseignant la lecture et l’écriture. Ce travail auprès du peuple lui apporte de l’apaisement. C’est d’ailleurs à cette période qu’elle déclare croire en Dieu : non par tradition, mais parce qu’elle en ressent profondément le besoin.
En 1881, en raison de problèmes de santé, Emma Pieczynska-Reichenbach retourne en Suisse pour suivre une cure à Loèche-les-Bains. Elle y rencontre Harriet Clisby, médecin originaire de Londres et militante féministe, qu’elle considère plus tard comme sa « révélatrice du Christ ». Selon le Dictionnaire historique suisse (DHS), Emma Pieczynska-Reichenbach divorce durant cette période, réussit son diplôme de maturité, puis commence des études de médecine à Genève en 1885.
Elle voyage aux États-Unis en 1889 avec Harriet Clisby et prend connaissance des Unions de femmes, des associations féminines engagées dans la lutte pour le droit de vote, l'accès à l'éducation et d'autres causes touchant les droits des femmes. Ce séjour marque profondément sa pensée. Elle revient en Suisse en 1890 et se remet à étudier la médecine à Berne. Elle doit arrêter ses études à cause de problèmes de santé. Parallèlement, elle commence à diffuser les idées et modèles d'organisation féminine découverts outre-Atlantique. C’est dans ce contexte qu’elle fait la connaissance d’Helene von Mülinen, qui devient sa compagne.
En 1896, elle prend part au premier Congrès des intérêts féminins à Genève. Son texte, intitulé Coéducation des sexes, fut publié dans les Actes du congrès des intérêts féminins tenu à Genève en septembre 1896. Elle y dénonce notamment le déséquilibre entre le nombre de filles et de garçons dans les établissements scolaires. Son plaidoyer ? Une représentation équitable des deux sexes dans le système éducatif.
Un an plus tard, Emma Pieczynska-Reichenbach publie L’École de la pureté, ce livre est issu des cours qu’elle enseigne entre 1895 et 1897 à un public de femmes. S’appuyant sur ses études de médecine inachevées à cause de sa surdité, elle y développe un exposé scientifique et pédagogique sur les lois de la reproduction et sur l’éducation sexuelle. Ce travail fut qualifié de chef-d’œuvre par Élie Gounelle, qui décrivit Emma Pieczynska-Reichenbach, dans la préface de Madame E. Pieczynska. Ses lettres, comme une véritable « éducatrice de la pureté ».
La même année, en 1897, Helene von Mülinen fonde, aux côtés d’Emma Pieczynska-Reichenbach, la Société symphonique à Berne, qui deviendra plus tard les Conférences des femmes sur la Croix fédérale. Initialement conçues comme des cercles éducatifs destinés aux femmes, ces conférences évoluent rapidement vers une orientation politique marquée, s’inscrivant dans le mouvement féministe suisse.
En 1899, Emma Pieczynska cofonde la Revue de Morale Sociale. Le comité de rédaction, mentionné en tête de chaque numéro, rassemble certaines des figures éminentes du mouvement féminisme, spécialistes des questions de morale, de droit et d’égalité des sexes. Publiée de janvier 1899 à décembre 1903, cette revue part du principe que « l’éducation des femmes à une morale sociale, égale pour les deux sexes, constitue l’une des clés de la conquête de leurs droits ». Le premier numéro est introduit par un manifeste programmatique rédigé par Emma Pieczynska-Reichenbach, intitulé Sur le seuil.
Parallèlement, entre 1897 et 1900, Emma Pieczynska-Reichenbach dispense à Berne un cours hebdomadaire sur le Corps Humain, abordé sous un angle fortement médical. Destiné aux femmes – comme en témoigne l’adresse explicite « Mesdames » dans ses annonces – ce cours illustre son engagement pour l’éducation féminine dans un contexte où l’accès des femmes au savoir médical restait limité.
Dans son texte, Quelques mots sur ma vie, Hélêne von Müllinen explique qu’Emma Pieczynska-Reichenbach, l’a encouragée à la fondation de l’Alliance des Sociétés Féministes Suisses (ASF). Les deux femmes dirigent cette alliance dès 1900. Selon le DHS, la rencontre avec Josephine Butler, fondatrice de la Fédération abolitionniste internationale (FAI) a précédé et encouragé la fondation de l’ASF. Devenue membre de la FAI, Emma Pieczynksa-Reichenbach s'engage dans les luttes pour le droit des femmes.
Plus tard, en 1906, Emma Pieczynska-Reichenbach fonde aux côtés de son amie catholique, Madame Brunhes, la Ligue sociale des acheteurs de Suisse qui vise à sensibiliser les consommateurs aux conséquences sociales de leurs choix d’achat. Convaincue que « par l’éducation sociale de l’acheteur, on pourrait arriver à changer bien des conditions de travail » (selon Madame E. Pieczynska. Ses lettres), Emma Pieczynska-Reichenbach voit dans la consommation responsable un moyen pour améliorer les conditions de vie des travailleurs.
En 1915, elle s’engage dans la Commission d'éducation nationale de l'ASF. Elle y défend l’idée qu’une réforme de l’éducation nationale est indispensable à la Suisse, notamment pour renforcer le sentiment patriotique et la conscience nationale. Selon elle, ce renouveau éducatif doit s’ancrer dans la sphère familiale, dès la petite enfance, et c’est à travers les femmes et leur rôle dans la famille que ce progrès doit être initié. Dans son ouvrage, L’ABC d’éducation nationale au foyer domestique (1916), Emma Pieczynska-Reichenbach expose sa vision de l’amour de la patrie. Elle y développe l’idée d’une véritable « tâche nationale des mères ». Elle propose des pistes concrètes pour préparer les mères à cette responsabilité patriotique, et formule des recommandations sur la façon d’introduire la notion de patrie suisse auprès des enfants. Ce combat pour l'éducation nationale marque les dernières années de la vie d’Emma Pieczynska-Reichenbach.
En 1927, l’ouvrage La Règle d’Or dans les Affaires est publié. Cette étude, présentée lors de la Journée Sociale de 1926 à Lausanne, expose la vision d’Emma Pieczynska-Reichenbach sur l’application des principes évangéliques aux relations d’affaires, qu’elle désigne sous le nom de « Règle d’Or ». À une époque où l’Europe traverse une profonde crise, Emma Pieczynska-Reichenbach estime que la sortie de cette situation passe par l’émergence d’un nouvel esprit fondé sur la « solidarité économique ». Elle souhaite participer à la formation d’une nouvelle génération de chefs d’entreprise. Emma Pieczynska-Reichenbach, gravement atteinte de surdité, décède la même année au Mont-sur-Lausanne.
Date of Acquisition:11/1940
Context Information:Biobibliographie d’Emma Pieczynska-Reichenbach par Elisa Serment

Collection structure

Genre of archival collection:Sammlung
Description of the archival collection:A - Oeuvres. Cette section regroupe, sous forme de manuscrits ou de tapuscrits, des textes d'Emma Pieczynska-Reichenbach sur l'éducation (notamment Coéducation des sexes) ainsi que des textes à caractère religieux comme Lettres de Direction, deux textes publiés dans la Revue de Morale Sociale (Sur le seuil et Un problème d'éducation) et des textes consacrés à la militante féministe Joséphine Butler (A-1) ; contient les nombreux discours et conférences d'Emma Pieczynska-Reichenbach, avec un accent particulier sur la question de l'éducation nationale entre 1915 et 1920 (A-2) ; contient les traductions réalisées par Emma Pieczynska-Reichenbach (A-3) ; contient les articles d'Emma Pieczynska-Reichenbach publiés dans les revues Neue Wege, Foi et Vie, Mouvement féministe, ainsi que dans les journaux Die junge Schweizerin, Jahrbuch der Schweizerfrauen et Berna (A-4) ; contient des critiques de textes rédigées par Emma Pieczynska-Reichenbach, portant sur des textes en allemand, en français et en anglais (A-5) ; contient des dossiers de notes en lien avec la médecine, l'éducation, la politique et l'éthique (A-6) ; contient de la documentation relative aux séances de la Commission d'éducation nationale (A-7).
B - Correspondance. Cette section regroupe, sous forme de manuscrits ou de tapuscrits, la correspondance d'Emma Pieczynska-Reichenbach avec plusieurs personnalités engagées dans le mouvement féministe (telles qu'Agnes Debrit-Vogel, Elisabeth Zellweger, Georgine Gerhard, Lucy Dutoit, Elisa Serment, Elisabeth Flühmann, Frédéric Passy), mais aussi avec des figures au profil religieux plus marqué (comme Georges Thélin, Étienne Bach et Charles Byse), ainsi qu'avec d'autres personnalités comme le médecin Armand Sabatier ou l'écrivain Gonzague de Reynold (B-1 et B-2) ; contient également des dossiers thématiques qui regroupent des lettres concernant l'éducation, les relations commerciales et la parution de certains des textes d'Emma Pieczynska-Reichenbach (notamment L'école de la pureté et La semaine des Fiancées (B-4).
C - Documents personnels. Cette section se compose de deux parties : la première regroupe plusieurs archives professionnelles, principalement des documents liés aux publications d'Emma Pieczynska-Reichenbach ainsi qu’à des conférences ; la seconde comprend un document comptable.
D - Collection. Cette section rassemble des documents de tiers (dont des textes imprimés, des manuscrits et des tapuscrits) (D-1) ; contient également des traductions, en français et en allemand, de discours et de textes d'Emma Pieczynska-Reichenbach, sous forme de tapuscrits et de manuscrits (D-2) ; contient de la documentation consacrée à la promotion de l'oeuvre d'Emma Pieczynska-Reichenbach (incluant une collection de coupures de presse et une critique de l'ouvrage Madame E. Pieczsynska. Ses lettres) ; enfin, cette section comprend deux exemplaires de sa publication La Règle d'Or dans les Affaires.
Cataloguing level:detailliert
Note on the cataloguing:La collection d’Emma Pieczynska-Reichenbach appartenait, depuis 1940, au Département des manuscrits de la Bibliothèque nationale suisse. Un catalogage sommaire du fonds avait été établi, reposant sur un système de cotation inspiré de la bibliographie des travaux publiés par Emma Pieczynska-Reichenbach. Cette bibliographie figurait dans une brochure intitulée "Emma Pieczynska", rédigée par Elisa Serment (1865-1957), qui contenait également un texte biographique consacré à Emma Pieczynska-Reichenbach et une liste des principaux articles nécrologiques parus à son sujet.
En 2025, les Archives littéraires suisses (ALS) ont décidé d'inventorier ce fonds Emma Pieczynska-Reichenbach afin d’apporter des précisions et d’améliorer la structure de ce catalogage sommaire. Ce dernier se composant principalement de grands ensembles de documents, il a été décidé de les subdiviser pour rendre l’inventaire de Pieczynska-Reichenbach plus structuré, cohérent et aisé à consulter.
La subdivision des notices archivistiques existantes a impliqué une adaptation du système de cotation d’origine. Dans un premier temps, les ALS ont opté pour le maintien des cotes initiales, en y ajoutant un point suivi d’un chiffre (ex. : Ms Lq 41.1, Ms Lq 41.2, etc.) pour signaler le niveau de division. Cependant, ce système s’est rapidement révélé peu lisible et trop complexe. Pour revenir à un mode de cotation plus clair et conforme aux autres fonds des ALS, tout en conservant la trace des anciennes cotes, il a été décidé de les reporter dans le champ « Andere Dokumentnummer ». Un système de cotation simple a ainsi pu être établi.
Finding aid author:Laurane Crettenand

Akteure

Personen_BestandsbildnerIn:Pieczynska-Reichenbach, Emma / 1854-1927
 

Descriptors

Entries:  BestandsbildnerIn (Personen\P\Pieczynska-Reichenbach, Emma (1854-1927))
 

Containers

Number:2
 

Usage

Permission required:-
Physical Usability:-
Accessibility:-
 

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URL:https://www.helveticarchives.admin.ch/detail.aspx?ID=168280
 

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